C’est la nouvelle tendance et les milléniaux, entre autres, s’arrachent ce que l’on appelle les dump phones. Mais de quoi s’agit-il ?

dumb phone

Qu’est-ce qu’un dumb phone ?

95% des personnes de plus de 15 ans dans le monde possèdent un smartphone. L’omniprésence, mais aussi l’utilisation intensive de ces téléphones mobiles peut inquiéter, surtout chez les jeunes de la génération Z et les milléniaux. Cependant, une nouvelle tendance émerge et on ne peut que s’en féliciter : celle des dumb phones ; c’est-à-dire des téléphones ultra basiques qui ne permettent que d’appeler et d’envoyer des sms.

Le téléphone à clapet, devenu désuet il y a quelques années, revient en force sur le marché et ces mobiles permettent de retrouver une certaine forme d’indépendance vis-à-vis des nouvelles technologies. On constate une hausse constante des ventes, notamment depuis 2022.

Si les Etats-Unis sont précurseurs en la matière, le phénomène gagne aussi l’Europe pour une génération qui tente de retrouver une vie un peu plus hors ligne. Reprendre le contrôle de sa vie, quand on a pris conscience d’une certaine dépendance, maitriser ce que l’on n’hésite plus à appeler « sa vie numérique » trouve donc sa solution avec ces modèles régressifs.

Avec eux, difficile de se rendre sur les médias sociaux ; ce qui limite de facto le risque de dépendance. Bien entendu, même si l’idée est de renouer avec le simple fait d’appeler avec son téléphone mobile, vis à vis des anciens modèles, des progrès ont été faits notamment en termes de couleurs ou encore de réseau, beaucoup de dumb phones fonctionnant en 4G. De même si les services existent toujours, il est plus difficile d’y accéder, ce qui permet donc de se désaccoutumer plus facilement, ce qui est clairement le but souhaité.

L’addiction au smartphone est en effet avérée, quand des études démontrent que certains adolescents peuvent passer jusqu’à 7 heures par jour sur les réseaux sociaux. Des cas isolés ? Non puisque cela touche 50% d’un échantillon représentatif composé de 40 000 participants.

Pourquoi cette envie de revenir aux mobiles basiques ?

Faire défiler les images, passer d’une vidéo à une autre, suivre les activités des uns et des autres : ces gestes devenus des automatismes pour beaucoup de personnes créent non seulement une addiction mais cela rend malheureux. Dépression, manque de sommeil, voire pics d’anxiété sont la résultante de tout ce temps passé sur les écrans. La santé mentale des adolescents ; les plus touchés ; est impactée ; ce dont certains prennent conscience.

Parfois, le décrochage est difficile et ceux qui souhaitent se déconnecter des réseaux optent en première intention, pour le dumb phone pendant le week-end, pour un sevrage plus en douceur. Profiter de la vie simple est devenu un mantra. Entre les milléniaux qui ont connu le monde d’avant les smartphones et se rendent compte que cela était peut-être mieux et les plus jeunes qui éprouvent une nostalgie pour un temps qui leur est pourtant inconnu : on assiste à un phénomène croissant du rejet des nouvelles technologies et des écrans en particulier. Même si cela ne signifie pas rompre avec tout. Mais si les jeux vidéo ont toujours la côte, ce sont plutôt ceux avec un graphisme pixellisé et donc moins qualitatifs qui trouvent aujourd’hui un public fidèle.

Est-ce la fin programmée des smartphones ?

Les professionnels du secteur doivent bien entendu tenir compte de ces nouveaux désirs. Mais est-ce que cela signifie pour autant que nous allons assister à la mort des smartphones ? Non, car ils ne répondent pas aux mêmes besoins. Pour autant, ils sont pensés autrement et la Commission Européenne a pointé du doigt le désastre écologique que représentaient tous les appareils que l’on ne peut pas réparer et pas recycler.

Le but est donc de proposer des modèles que l’on peut réparer plus facilement pour être moins tenté d’en changer, à la sortie d’un nouveau modèle. Nokia a pris le train en marche et n’entend pas s’arrêter là : la prochaine génération de smartphones sera réparable et ce, sans outil spécifique et sans connaissance réelle pour pouvoir remplacer une prise, une batterie, un écran cassé.

Le marché doit donc s’adapter à une nouvelle manière d’appréhender le « on ou le off line », pour répondre à de nouvelles envies ou besoins.